Le protocole PEACE & LOVE
- NC

- 3 avr. 2023
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 12 août

📌 En bref
Le protocole PEACE & LOVE est aujourd'hui l'une des références pour la prise en charge des blessures musculosquelettiques récentes.
Les recommandations actuelles privilégient une approche active de la récupération : protection, charge progressive, éducation du patient et réadaptation graduelle.
Le massage n'est généralement pas indiqué dans la phase aiguë d'une blessure, mais peut constituer un excellent complément durant la récupération selon le type de lésion.
🤕 Que faire lorsqu'une blessure survient ?
Quelle est la meilleure réaction à avoir lorsque l’on se blesse ? Utiliser de la chaleur ou appliquer de la glace ? Prendre des anti-inflammatoires ou des antidouleurs ? Se mettre au repos ou continuer ses entraînements ?
Heureusement, les blessures musculaires et les comportements à adopter lorsqu’elles surviennent sont des sujets qui sont beaucoup étudiés. Les recommandations ont maintes fois évolué en fonction des nouvelles découvertes.
Dans mon activité de massothérapie, je suis souvent amené à discuter de ces sujets avec des patients qui récupèrent d’une blessure musculaire, notamment du protocole « PEACE & LOVE », que je recommande pour accompagner les premiers jours suivant une blessure musculosquelettique.
En se basant sur les dernières connaissances, les chercheurs Blaise Dubois et Jean-François Esculier de La Clinique du Coureur (Québec) ont publié dans la prestigieuse revue « British Journal of Sports Medicine » cette mise à jour des bonnes pratiques à observer.
Leur protocole distingue la phase de prise en charge immédiate de la blessure (PEACE) et la phase de récupération et de réadaptation (LOVE). À la différence des recommandations antérieures (RICE ou POLICE par exemple), il intègre les aspects psychologiques, aborde le risque de la surmédicalisation et donne au patient un rôle actif dans la rémission de sa blessure.
🛡️ PEACE : les bons réflexes dans les premiers jours
La première étape est de protéger (P) la structure touchée en réduisant les facteurs qui stressent le membre blessé. Afin de limiter la douleur, réduisez temporairement les contraintes exercées sur le membre blessé. Diminuez au maximum la charge exercée, le mouvement du muscle atteint, limitez les déplacements et les changements de position qui intensifient la douleur.
Il est recommandé de maintenir le membre lésé en élévation (E), plus haut que le cœur. Cela favorise le retour veineux et minimise l’engorgement des fluides près de la blessure, ce qui réduit l’inflammation.
Sauf avis médical contraire, évitez les médicaments anti-inflammatoires (A) (Aspirine, Ibuprofen, Voltaren, Naproxen) dans les premiers jours de la blessure. Leur effet anticoagulant risque d’augmenter l’épanchement sanguin et le gonflement du membre concerné, et leur caractère anti-inflammatoire va ralentir la réparation des fibres musculaires. L'inflammation constitue une étape normale du processus de réparation des tissus, qui constitue la première phase de guérison ; en altérant ce processus, on retarde la rémission. Pour cette raison, on privilégie des médicaments aux propriétés strictement antalgiques (tels que le paracétamol) afin de soulager la douleur. Enfin, les preuves soutenant l’utilisation de glace pour limiter l’inflammation semblent limitées. Son usage pourrait également interférer avec certains mécanismes naturels de guérison. C’est pourquoi le protocole PEACE & LOVE ne recommande plus son utilisation systématique.
Un bandage de compression (C), ni trop serré, ni trop lâche, permet de maintenir le membre blessé, diminuer l’enflure et le risque d’hématome. N’hésitez pas à vous adresser à un professionnel de santé afin que la contention soit optimale.
Une bonne éducation (E) par rapport à la blessure est primordiale afin de vous rassurer, et de garantir votre autonomisation dans la gestion de la douleur et le rétablissement. Une bonne compréhension de la blessure permet d'éviter certaines formes de surmédicalisation inutiles (prise de médicaments non essentiels, imageries coûteuses et anxiogènes) et limitez les mécanismes de surprotection.
Selon la gravité de la lésion dont vous souffrez et ses délais de cicatrisation, vous pouvez être amené à renoncer momentanément à votre pratique sportive et vos activités habituelles. Optimiser les mécanismes de guérison signifie aussi respecter le temps nécessaire à la reprise complète des activités. Lorsque vous constatez une amélioration de votre état, vous entrez dans une phase de rémission.
🚶 LOVE : accompagner la guérison et retrouver ses capacités
Une fois passés les quelques jours pendant lesquels les activités sont douloureuses et où la décharge est préférable (grâce à des béquilles par exemple) il est recommandé de reprendre peu à peu ses activités quotidiennes et sportives. En habituant la partie lésée à une mise en tension ou en charge progressive (L pour Load), on va stimuler les tissus atteints et favoriser la guérison. Dans cette phase, tout est une question de dosage du stress mécanique. Écoutez-vous et veillez à être graduel, afin d’éviter une intensification de la douleur.
Les facteurs psychologiques jouent également un rôle important dans la récupération, et l’on peut agir sur sa perception de la douleur et la vitesse de rétablissement en restant positif et en adoptant un état d’esprit optimiste (O). En ne cédant pas au catastrophisme, on va diminuer la réactivité aux messages douloureux et leur amplification, et encourager une transition vers un mode adaptatif.
Une fois passées les 72 premières heures, il est recommandé de reprendre une activité cardiovasculaire modérée (20 min de vélo quotidiennes par exemple). Ces exercices visent à augmenter la vascularisation (V) du tissu atteint, soutenir l’apport de nutriments par le sang à la lésion, et ainsi accélérer les mécanismes de réparation naturelle.
Enfin, pour assurer une reprise optimale des activités quotidiennes, on va compléter la réadaptation par des exercices (E) de renforcement, de souplesse et d’équilibre, qui vont aider à surmonter les limitations. Cette approche active permet de retrouver son endurance, l’amplitude de ses mouvements, sa force et sa proprioception.
💆 Et le massage dans tout ça ?
S'il n'est généralement pas indiqué durant la phase aiguë de certaines blessures, il peut constituer un complément intéressant pendant la récupération, notamment pour diminuer les tensions musculaires, soulager certaines douleurs et accompagner le retour progressif à l'activité.
Merci pour votre lecture !
Je rédige moi-même l'ensemble des contenus publiés sur ce blog, en m'appuyant sur mon expérience de massothérapeute agréé ASCA et RME, ainsi que sur les références citées en fin d'article.
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